Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie

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Solidarité avec Mohiéddine Cherbib et les habitants du bassin minier de Gafsa

30 novembre 2008, par CRLDHT

La date du procès des 38 inculpés (*) du bassin minier de Rédeyef a été fixée au jeudi 4 décembre 2008. Les personnes inculpées dont la majorité est en état d’arrestation seront jugées pour des accusations graves et risquent de lourdes peines de prisons. Mohieddine CHERBIB, président de la FTCR, est poursuivi pour délit de solidarité avec les populations du bassin minier

Mohieddine CHERBIB, Président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), association de droit français, régie par la loi de 1901, est inculpé par la justice tunisienne (affaire n° 15537), dans le cadre de la série de procès politiques fomentés par les autorités tunisiennes contre les habitants du Bassin Minier de Gafsa (Sud-ouest tunisien).

Le Président de la « FTCR » se trouve, en réalité, victime d’une basse manœuvre politicienne instiguée par les autorités tunisiennes qui souhaitent contraindre au silence les voix discordantes des Tunisiens de l’étranger. Mohieddine CHERBIB étant le porte-parole du « Comité de solidarité avec les habitants du Bassin Minier », créé à Paris à l’initiative de toutes les composantes politiques (à l’exception du parti au pouvoir et de ses satellites), associatives et humanitaires, représentées en France, le régime despotique de M. Ben Ali, essaye —via une justice, plus que jamais, instrumentalisée— de lui faire « payer le prix » de cet engagement citoyen… et à travers lui, tous les Tunisiens résidents à l’étranger.

Le message de cette supercherie politico-judiciaire est on ne peut plus claire : que vous soyez en Tunisie ou à l’étranger, vous (Tunisiens) n’êtes pas à l’abri de la surveillance répressive des autorités de votre pays ! Il faut que la peur règne partout où les Tunisiens se trouvent ; c’est la « force de l’obéissance » transfrontière !

Mohieddine CHERBIB a brisé cet interdit en prenant la tête du Comité de solidarité parisien avec les habitants du bassin minier, c’est ce qui lui vaut l’inculpation scandaleuse. Lui qui n’a jamais eu affaire à la justice (en France comme en Tunisie), il se trouve inculpé d’« adhésion à une bande ; participation à une entente visant à préparer et à commettre des agressions contre des personnes et des biens ; distribution, vente, exposition et détention, dans l’intention de les diffuser, de documents susceptibles de troubler l’ordre public dans un but propagandiste », rien moins que ça !

Ainsi donc, le mouvement de protestation sociale de Gafsa serait « une bande » (de malfaiteurs) ; une « entente » (criminelle) ayant pour but d’« agresser les personnes et les biens » ; les vidéos (sur Dailymotion et Youtube) qui témoignent de la répression sauvage des marches pacifiques organisées par les habitants de Gafsa (pour réclamer du travail et des conditions de vie dignes), tout autant que les communiqués qui appellent les autorités à mettre fin à l’escalade de violence policière, et de favoriser la négociation en vue de rechercher des solutions aux graves problèmes économiques, sociaux et écologiques du Bassin Minier, seraient « une diffusion de documents susceptibles de troubler l’ordre public » !

La fuite en avant des autorités tunisiennes qui mobilise (au moindre remous), outre la police et l’armée, la presse (aux ordres) et la justice (asservie), ne semble pas connaître de fin, ni de limites ! Sinon comment expliquer qu’un citoyen tunisien qui a toujours prôné le débat démocratique, fervent militant des droits humains, et amoureux « têtu » de son pays, puisse faire l’objet d’une aussi odieuse inculpation, au seul motif d’avoir crié avec des milliers d’autres Tunisiens, de l’intérieur comme de l’étranger : « halte à la répression » qui s’abat sur les populations pauvres et démunies du bassin minier ; stop au « développement inégal » de la Tunisie ; « donnez à Gafsa la part qui lui revient (de droit) de la richesse nationale » ; « pour l’embauche massif des chômeurs diplômés qui représentent plus de 40% des sans emplois en Tunisie » ! Si tout cela est faux (et constitue une « diffusion d’informations et de documents susceptibles de troubler l’ordre public »), pourquoi diable le président de la République s’est-il déplacé « en catastrophe » à Gafsa pendant le mois d’août 2008, pour y tenir un long discours —resté lettre morte— annonciateur d’un « train de mesures » urgentes visant à « résorber le chômage » et à parer à la situation sociale explosive ?

L’inculpation scandaleuse de Mohieddine CHERBIB n’a pas d’autre signification que celle d’interdire à un citoyen tunisien le droit de manifester (avec mesure qui plus est) sa solidarité avec ceux, parmi ses concitoyens, qui endurent la misère, la pauvreté, le chômage et la répression…

Le CRLDHT exprime son soutien inconditionnel et indéfectible à Mouhieddine CHERBIB et appelle toutes les organisations de défense des droits humains, partis politiques, et l’ensemble des citoyens, français et tunisiens, à exprimer leur solidarité avec ce camarade ainsi qu’à toutes les victimes de la répression policière, car c’est de notre liberté à tous dont il est question !

Il dénonce les procès iniques et réclame la libération de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier et l’abandon de toutes les poursuites engagées contre toutes celles et tous ceux qui sont en attente d’être « jugés »

• La liste des 38 personnes inculpées : 1- Fayçal Ben Omar 2- Haftaoui Ben Othman 3- Ali Jedidi 4- Thameur Maghzaoui 5- Ridha Ezzeddine 6- Issam Fajraoui 7- Mouadh Ahmadi 8- Abdessalam Helali 9- Mahmoud Raddadi 10- Hedi Bouslahi 11- Abdallah Fajraoui 12- Mohamed El Baldi 13- Tarek H’limi 14- Bechir Laabidi 15- Adel Jayar 16- Isamel El Jawhari 17- Lazhar Ben Abdelmalek 18- Mdhaffar Labidi 19- Haroun Hlimi 20- Taieb Ben Othman 21-Boubaker Ban Boubaker 22- Radhouane Bouzayane 23- Makram Mejdi 24- Adnane Hajji 25- Sami Ben Ahmed (Amaydi) 26- Othamn Ben Othamn 27- Ghanem Chriti 28- Mahmoud Helali 29- Boujemaa Chriti 30- Abid Khélaifi 31- Habib Khédhir 32- Rachid Abdaoui 33- Hassen Ben Abdallah 34- Mohsen Amidi 35- Maher Fajraoui 36- Ridha Amidi 37- Elfahem Boukadous 38- Mouhieddine Cherbib.

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