Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie

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Flash Infos le 29 octobre 2009

5 novembre 2009, par CRLDHT
AU MOMENT DE METTRE EN LIGNE CE BULLETIN D’INFORMATION, NOUS AVONS APPRIS L’INTERPELLATION DE TAOUFIK BEN BRIK (TBB) EN FIN DE MATINEE, LE JEUDI 20 OCTOBRE 2009. TBB A EN EFFET DECIDE DE REPONDRE A L’INVITATION DE LA POLICE CONSIDERANT QU’IL NE DEVAIT PAS ACCEPTER D’ETRE DE FACTO ASSIGNE A RESIDENCE DANS SON DOMICILE ASSIEGE. C’EST DANS CES CONDITIONS QU’IL A ETE INTERPELLE. SON FRERE JALEL ZOGHLAMI ET SA FAMILLE ONT EU CONFIRMATION DE SON ARRESTATION DANS LES LOCAUX DE LA POLICE A LA CASERNE DE BOUCHOUCHA. ET IL SEMBLERAIT QU’UNE PROCEDURE JUDICAIRE A ETE DILIGENTEE A SON EGARD.

Sommaire :

1- Simulacre électoral en Tunisie : résultats sans surprise des élections présidentielles et législatives du 25 octobre 2009.

2- Taoufik Ben Brik émet en haut débit et le pouvoir réagit par les menaces et la provocation

3- Zouheir Mekhlouf, défenseur des droits humains et candidat aux élections, victime d’une arrestation arbitraire au terme d’un harcèlement systématique

4- Florence Beaugé, envoyée spéciale du quotidien français « Le Monde » refoulée de Tunisie et accusée « d’incitation à la haine, à la mort et à l’attentat contre la Tunisie »

5- Chroniques de la répression, de la censure et de la solidarité :

• Radia Nasraoui interdite de quitter la Tunisie

• Sihem Ben Sedrine dans le collimateur des barbouzes de la police poli tique

• La presse enchainée et les campagnes et diffamation de la presse de caniveau

• Grève de la faim des détenus condamnés dans le cadre de la loi anti- terroriste

• Solidarité avec les populations et les détenus du bassin minier de Redeyef-Gafsa et de leurs familles

6. Les « chouchous » de l’ATCE.

7. Pour s’arrimer davantage à l’Europe le lobbying diplomatique à marches forcées peut-il suffire à lui seul ?

1- Simulacre électoral en Tunisie : résultats sans surprise des élections présidentielles et législatives du 25 octobre 2009.

Le 25 octobre 2009 le Président Ben Ali a inauguré son cinquième mandat. Ce résultat sans surprise a été obtenu au terme d’une campagne marquée par l’hégémonie du RCD (le « faux parti unique », Rassemblement Constitutionnel Démocratique), s’appuyant sur un outrancier monopole des médias et une mainmise totale de ce Parti sur les services et les institutions de l’Etat. Au-delà des rituels d’allégeance qui ont marqué ce processus plébiscitaire, se sont les coûts exorbitants de cette campagne de l’Etat-Parti et la volonté de marginalisation systématique de l’opposition non domestiquée qui auront marqué les esprits au sein d’une opinion sceptique, voire indifférente. Il serait fastidieux de relever les dérapages systématiques et délibérés commis par l’Etat-RCD qui a fait fi de tout respect des normes légales minimales à tous les niveaux du processus électoral, de l’inscription sur les listes d’électeurs aux conditions de dépouillement du scrutin. Le taux de participation de 84,5% et les 89,62% des suffrages attribués au Président sortant Z. Ben Ali sont bien sûr légitimement contestés et contestables en dépit du passage symbolique sous la barre des 90% et des menaces proférées la veille du scrutin par le candidat-président mettant en garde contre toute « incitation à mettre en doute les résultats » Sur la base des résultats officiels, les deux candidats -faire-valoir (Bouchiha et Ennoubli) représentants de l’opposition de décor ont été gratifiés de 5% et de 3,8% des voix alors que le candidat d’At-Tajdid et de l’Initiative Démocratique et Progressiste, l’universitaire Ahmed Brahim, n’obtenait, de façon invraisemblable et au terme d’une campagne ferme et digne mais semée d’embuches, que 1,57% des suffrages censés s’être exprimés ! Comme prévu, le RCD a raflé les 161 sièges du scrutin par circonscription majoritaire à un tour et les cinq partis de l’opposition de figuration se sont vu attribuer 51 des 53 sièges du mode de scrutin de « rattrapage » prévu par la loi électorale. Le mouvement Et-Tajdid et ses alliés de l’ « Initiative D. P. » ont obtenu deux sièges de députés alors qu’ils en occupaient trois durant la précédente législature. Après avoir écarté les candidatures de Maître Ahmed Néjib Chebbi (fondateur du Parti Démocratique Progressiste) et Dr Mustapha Ben Jaafar (Président du Forum – FDTL) en vertu des dispositions exceptionnelles et anticonstitutionnelles d’un amendement électoral taillé sur mesure et censé élargir – contre toute évidence - le champ des candidatures ; l’administration et le Conseil Constitutionnel ont au préalable fait le ménage ,de façon scandaleuse, au niveau des listes de l’opposition non inféodée ,les écartant systématiquement des circonscriptions à forte densité démographique. Ce simulacre électoral et ce pluralisme en trompe l’œil , dénoncés par avance par les partisans du boycott ,et notamment le POCT (parti communiste des ouvriers de Tunisie), le CPR ( Congrès pour la République) et les islamistes d’En-Nahdha ( auxquels s’est joint le 10 octobre le PDP- parti démocratique progressiste-, a été caractérisé par les atteintes systématiques à la liberté de presse et au droit à l’information comme cela a été relevé de façon méthodique par Reporters sans Frontières, le Comité de Protection des Journalistes, la FIDH et Amnesty International, ainsi que par la remarquable enquête de suivi (monitoring) de la couverture par les médias nationaux présentée par la porte parole du CNLT Sihem Ben Sedrine au nom de cinq ONG autonomes tunisiennes .Cette enquête confirme que 97% de cette couverture a concerné le Président-candidat Ben Ali et le parti gouvernemental RCD et que l’épouse du chef de l’Etat – « la régente de Carthage » - a bénéficié de 14% de la couverture médiatique de la campagne. Le CRLDHT dénonce avec vigueur le verrouillage institutionnel, les tracasseries, les manies répressives et l’intolérance qui ont caractérisé cette nouvelle occasion manquée qui ne fait qu’aggraver la dérive autocratique et despotique du régime tunisien. C’est à ce système politique, fondé sur la « force de l’obéissance », la peur et l’impunité et qui ne tolère plus de voix discordantes, que le Président français N.Sarkozy s’est, tout de même, empressé d’apporter son inconditionnelle caution dans les heures qui ont suivi le sacre de Ben Ali 5. Du côté de l’Union Européenne qui s’apprête à céder aux insistantes suppliques tunisiennes relatives à l’octroi du « statut avancé », l’heure est à « l’appui clair mais un peu veule » au général-président. Seule la nouvelle administration américaine du président Obama a marqué une certaine réserve en faisant part de ses « préoccupations » précisant qu’à sa connaissance « aucun observateur crédible n’a obtenu l’autorisation de contrôler le vote ». Cela va sans dire mais c’est mieux en le disant !

2- Taoufik Ben Brik émet en haut débit et le pouvoir réagit par les menaces et la provocation

Taoufik Ben Brik est de retour. L’écrivain et journaliste dissident qui défraya la chronique, il y a quelques années, par sa célèbre grève de la faim dont l’écho fut considérable, est de nouveau sur la brèche. Depuis la mi-septembre et plus particulièrement au cours du mois d’octobre, il a multiplié les interventions sur des sites comme « lenouvelobservateur.com », « Médiapart », « Rue 89 », ou Courrier International avec une série d’articles et d’entretiens non conformistes, dérangeants et iconoclastes. « T.B.B. émet à présent en haut débit » commente t’on en Tunisie où son style frondeur et ses saillies à propos de « Zaba », de la « régente » et du « partage du gâteau par la tribu régnante » font grincer des dents à Carthage. Au fil des semaines, l’agacement des autorités à son égard s’est mué en une colère vengeresse qui a débouché sur des menaces et une grossière provocation policière. Il s’en est expliqué dans une chronique du « lenouvelobservateur.com » le 24 octobre intitulée « Comment déjouer les pièges tendus par un régime tordu ? » auquel Pierre Haski a fait écho sur le site « Rue 89 » sous le titre « La police tunisienne a voulu piéger le journaliste Ben Brik ». Depuis, T.B.B. est en butte aux tracasseries incessantes, à une surveillance policière constante et à la menace d’une procédure judiciaire de droit commun, montée de toute pièce, après un accrochage de la circulation avec une voiture dont la conductrice a cherché, à l’évidence, à le provoquer. L’objectif, par cet accrochage et la réaction disproportionnée de la conductrice, était de l’amener à user de la violence pour justifier une inculpation. Cette menace n’est toujours pas levée quatre jours après l’accrochage. Refusant de répondre à une convocation de la police judiciaire, T.B.B a alerté l’opinion nationale et internationale et 7 associations autonomes qui couvrent un large spectre de sensibilités intellectuelles ont dénoncé dans un communiqué commun les risques encourus par T.B.B., « ce cheval fou aux sabots cassés » - comme l’a qualifié le journaliste algérien Chawki Amari dans la préface du livre de Taoufik intitulé « Je ne partirai pas ». Le CRLDHT réaffirme sa solidarité avec T.B.B. et en appelle à l’opinion démocratique pour exprimer son inquiétude et son vigilant soutien à cette figure emblématique de la contestation en Tunisie.

3– Zouheir Mekhlouf, défenseur des droits humains et candidat aux élections, victime d’une arrestation arbitraire au terme d’un harcèlement systématique.

Membre de l’association de soutien aux prisonniers politiques « Liberté et Equité » et membre du Comité Central du parti démocratique et Progressiste, Zouhaïr Mekhlouf a été arrêté sous le prétexte d’avoir réalisé un reportage « non autorisé » sur la zone industrielle de la ville de Nabeul. Le reportage visait à dénoncer la pollution et la dégradation de l’environnement dans cette Z.I. (fours à céramique et à poteries). Candidat du P.D.P. aux élections législatives avant que la liste régionale de ce parti soit arbitrairement écartée, Zouhaïr Mekhlouf est correspondant du site « Assabil on line ». Des pressions effectuées sur un riverain Mr Mourad Ladib interviewé dans ce reportage ont abouti à une plainte pour « utilisation de l’image d’autrui sans son consentement ». Le prétexte est cousu de fil blanc car cet épisode intervient au terme de longs mois de tracasseries, d’interpellations et de harcèlement ponctués par deux agressions physiques. Zouhaïr Mekhlouf avait également réalisé cette année, un reportage sur la mort, en octobre 1991 de Faycal Barakat des suites des tortures dont il a été l’objet. Le Comité contre la torture (CAT) des Nations Unies a examiné ,faut-il le rappeler, ce cas tragique à plusieurs reprises depuis 15 ans, obtenant récemment que les restes de feu F. Barakat soient exhumés par les autorités tunisiennes et soumis à une autopsie internationale. Le CIDT-Tunisie (basé à Besançon), l’OMCT, la FIDH et Amnesty International ont ainsi fait de cette victime de la brigade de recherches de la Garde Nationale de Nabeul un cas emblématique. La LTDH et l’Observatoire international pour la protection des défenseurs ont réagi à l’arrestation arbitraire et à l’inculpation de Zouhaïr Mekhlouf avec d’autant plus d’inquiétudes que celui-ci risque bien d’être la victime expiatoire du ressentiment des autorités à l’égard de l’action inlassable de l’association « Equité et Liberté » et de la confrontation entre le P.D.P. et le pouvoir à l’occasion des élections présidentielle et législative. Mme Madame Mekhlouf a entamé une grève de la faim (à laquelle elle a mis un terme le 28-10) pour protester contre la présence policière autour de son domicile pour en interdire l’accès de façon arbitraire et sélective. Enfin, alors que Zouhair débutait en prison une grève de la faim et qu’il parvenait à rendre publique une lettre circonstanciée sur les conditions de son arrestation ( cf sites RSF et Tunisnews) ;des escouades de la police politique ont interdit les accès du siège du PDP où était organisée une réunion de soutien le lundi 26 octobre. Le CRLDHT ,qui dénonce cette arrestation et le siège policier imposé depuis à son épouse et à sa famille, se joint à l’action de solidarité engagée en faveur de Zouhaïr Mekhlouf.

4- Florence Beaugé, envoyée spéciale du quotidien français « Le Monde » refoulée de Tunisie et accusée « d’incitation à la haine, à la mort et à l’attentat contre la Tunisie »

Coupable aux yeux des affidés du président Ben Ali et de ses « chiens de garde » qui régentent la désinformation en Tunisie, de crime de lèse-majesté ,Florence Beaugé a été refoulée à son arrivée à l’aéroport Tunis-Carthage dans la soirée du 22 octobre sous le prétexte que l’envoyée spéciale du « Monde », aurait « toujours fait la preuve de malveillance malsaine à l’égard de la Tunisie ». Indésirable en Tunisie, elle a publié du 23 au 25 octobre, une série de trois articles dans « Le Monde » sur la base des informations qu’elle avait recueillies lors de son précédent séjour en Tunisie du 30 septembre au 4 octobre 2009. Dès la parution du premier de ces articles, la presse gouvernementale (Le temps, La presse, Le Renouveau, As-sabah, Al Chourouk etc ..) s’est déchainée contre cette « pseudo-journaliste » qui « appelle les tunisiens à se révolter » . Accusée d’appeler « à la haine (…) et surtout à la violence et à la mort », Florence Beaugé est qualifiée de « femme psychotique et hystérique » qui « incite au terrorisme » et qui « a la vocation d’un poseur de bombes » !! Récusant les « conseils maculés de sang d’une femme maléfique, et par-dessus le marché idiote », les détracteurs de Florence Beaugé, au sein de la presse aux ordres de Carthage,la prennent à partie, de cette façon délirante et d’une violence inouïe, lui reprochant ses « manipulations malsaines » et ses « réquisitoires passionnels, alimentés par des rumeurs indécentes et nourries par des traitres qui errent comme des âmes en peine dans d’obscurs salons français » !!! Poussant plus loin encore cette campagne, en l’occurrence véritablement hystérique, un mercenaire de la plume du magazine « Afrique Asie », Valentin Mbougueng, publie, la bave aux lèvres, dans deux quotidiens tunisiens, une violente philippique intitulée « Quand une journaliste du Monde appelle au meurtre » ,où il se demande si « la justice internationale, qui a condamné il y a six ans, deux responsables de la tristement célèbre radio rwandaise « radio télévision Mille collines » pour incitation au génocide de 1994 devra-t-elle se pencher sérieusement sur le cas de la journaliste française Florence Beaugé du quotidien français Le Monde » !!! C’est tout simplement hallucinant et révélateur du climat qui prévaut à Carthage et dans les officines de l’Etat-RCD. Le CRLDHT stigmatise cette campagne d’intolérance haineuse et affirme avec vigueur sa solidarité agissante avec Florence Beaugé.

5- Chroniques de la répression, de la censure et de la solidarité : • Radhia Nasraoui interdite de quitter la Tunisie.

Invitée par des députés européens, le REMDH, la FIDH, le CRLDHT et le comité de soutien aux populations du bassin minier de Gafsa, Me Radhia Nasraoui, présidente de l’association Tunisienne de lutte contre la torture n’a pas été autorisée mardi 22 octobre 2009 à quitter le territoire tunisien.

Le prétexte invoqué, à l’appui de cette décision arbitraire, est aussi invraisemblable qu’inquiétant :Me Radhia Nasraoui et son mari Hamma Hammami, porte parole du PCOT, interdit de quitter le territoire quelques jours plus tôt, feraient l’objet d’une procédure judiciaire.. pour « voies de fait avec violence contre autrui » à la suite d’une altercation imaginaire contre une personne.. dont l’identité n’a pas été révélée !!!

M° Nasraoui et son mari faisaient l’objet d’un harcèlement continuen particulier depuis les agressions qu’ils ont subies à cinq jours d’intervalle, fin septembre, à l’aéroport Tunis Carthage (tabassage de Hamma Hammami et grave tentative de sabotage de la voiture de Me Raouf Ayadi, qui avait accompagné Hamma Hammami pour accueillir Radhia Nasraoui de retour de Genève.

Trois parlementaires européennes , Mme Hélène Flautre (Verts), Catherine Trautmann (PS) et Marie Christine Vergiat (Front de Gauche), ont énergiquement protesté à la suite de cette interdiction de quitter le territoire qui a fait l’objet de réactions très fermes du REMDH, de l’Observatoire FIDH-OMCT et de RSF.

• Sihem Ben Sedrine dans le collimateur des barbouzes de la police poli tique

Porte parole CNLT et animatrice du journal en ligne « Kalima » et de la radio libre interdite « kalima », Sihem ben Sedrine est avec son mari Omar Mestiri, sont des cibles privilégiées des tracasseries et du harcèlement policiers mais aussi des campagnes de presse indignes orchestrées par la presse de caniveau liée aux officines de la police et régentée par le ministre des affaires étrangères Abdelwahab Abdallah, l’âme damnée de l’autocrate et de la régente de Carthage.

Après une première agression, il ya dix jours dans le nord ouest de la Tunisie, Sihem Ben Sedrine a été molestée le 23 Octobre à l’occasion d’un séminaire qu’elle a animé à l’ATFD sur les techniques de suivi de la couverture médiatique des campagnes électorales.

Dans le collimateur des barbouzes de la police politique Sihem ben Sedrine, n’a pas cédé pour autant, animant, avec cinq associations autonomes tunisiennes (LTDH, CNLT, OLPEC, ATFD et SNJ) une remarquable enquête sur la couverture médiatique au niveau national de la campagne électorale.

Les résultats sont, à tous égards, édifiants (cf communiqué du CRLDHT sur les élections et les conclusions de l’enquête reproduite sur www.tunisnews.net

Le CRLDHT réitère, une fois de plus, l’expression de sa solidarité agissante avec Sihem Ben Sedrine et Omar Mestiri.

• La presse enchainée et les campagnes et diffamation de la presse de caniveau :

La censure et les plumes indignes se sont déchainées au cours de ce mois d’octobre de précampagne et de campagne électorales.

En première ligne de cette offensive odieuse, les courtisans aux « chemises mauves » (fiers à bras arborant la couleur présidentielle), Borhane Bssais (ancien « jeune communiste révolutionnaire » rallié au régime) et Ridha Mellouli (ancien « baathiste » hyper -éradicateur parachuté sénateur) ; les titres « Al Chourouk », « As-sarih », « Al Molahedh », « les annonces » et surtout les abominables « Al Hadath », « Kol En Nass » (Les gens) et les « décharges » en ligne « Biladi » et « Bilmakchouf » (cartes sur tables).

Cibles de ces campagnes de diffamation et de haine : Hamma Hammami, Khémaies Chammari, Sihem Ben Sedrine, Radhia Nasraoui, Moncef Marzouki, Néjib Chebbi, Maya Jribi, Mohamed Bouebdelli, Naziha Rejiba, Raouf Ayadi, Taoufik Ben Brik etc.

Injures, insultes, calomnies et caricatures – associant les personnes visées au drapeau d’Israël et au logo de la chaine Al Jazeera – constituent les supports de ces campagnes de lynchage médiatique »

Dans le même temps la censure et la cyber police n’ont jamais été aussi actives : Saisie de l’hebdomadaire « At-Tarik Al Jadid » porte parole du candidat Ahmed Brahim, censure des manifestes électoraux et des professions de foi des candidats de l’opposition non inféodée, fermeture de la station « Radio 6 » émettant sur internet, et atteintes quotidiennes à la liberté de l’information relevées par RSF dans le communiqué publié à l’issue de la mission effectuée à la mi-octobre en Tunisie : http://www.rsf.org et le communiqué de « Commitee to protect journalists » : http://www.cpj.org/2009/10

• Grève de la faim des détenus condamnés dans le cadre de la loi anti- terroriste :

En 2008, Amnesty International, le CNLT et le CRLDHT ont publié d’importantes enquêtes sur les conditions de mise en œuvre de la loi du 10 décembre ( !!) 2003 de « contribution à l’effort international de lutte contre le terrorisme et le blanchiment de l’agent ». Loi scélérate fondée sur l’amalgame et le « tout répressif », cette législation a constitué la clé de voûte de la politique de répression politique et judiciaire de ces six dernières années. L’association « Liberté et Equité » d’une part et « l’association Tunisienne de Lutte contre la Torture » d’autre part ont rendu publique une liste de 1254 personnes condamnés dans le cadre de cette loi (Cf Chapitre XV du rapport de l’ALTT et du CRLDHT). Publié par l’ALTT et le CRLDHT, (www.crldht.org) ce rapport sur « la torture en Tunisie et la loi « antiterroriste : faits et témoignages afin que cesse l’impunité », a analysé la loi de 2003 et a commenté les témoignages de plusieurs dizaines de détenus et de 28 de leurs familles pour dénoncer l’ampleur des dénis de justice commis par l’Etat tunisien sous couvert de « la lutte contre la terrorisme ». Pour utiles qu’aient été ces enquêtes, cela n’a pas permis de lever la chape de plomb que les autorités tunisiennes sont parvenues à imposer sur cet aspect de leur politique sécuritaire. Et c’est à l’occasion des jugements (une quarantaine par an) ou des rares réactions dans les prisons que cette question est évoquée de façon ponctuelle. Aussi la grève de la faim entamée par des détenus dans le cadre de cette loi le 05 octobre 209 a-t-elle constitué un épisode important de par l’ampleur du mouvement (à Bizerte notamment) et la violence des réactions d’une administration pénitentiaire dont l’encadrement supérieur a été progressivement militarisé depuis 1992. Le but de la grève est de dénoncer les conditions intolérables de détention et l’humiliation quotidienne des détenus et celle de leurs familles. La prise de position ferme et vigoureuse de la LTDH relative à cette grève (Communiqué du 20octobre) retient l’attention et le CRLDHT a multiplié les contacts avec les organisations internationales et régionales de droits humains pour qu’il soit mis un terme au scandale de nos « Guantanamo-soft » qui interpellent la conscience de tous les démocrates tunisiens.

• Solidarité avec les populations et les détenus du bassin minier de Redeyef-Gafsa et de leurs familles :

Le CRLDHT, qui appuie l’action opiniâtre du « Comité National pour le soutien des populations du bassin minier », a co-organisé avec des parlementaires européens, la FIDH et le REMDH une rencontre d’information et de solidarité, le mercredi 21 octobre au parlement européen à Strasbourg en présence de Mme Souhayr Belhassen président de la FIDH. Le film de 34 minutes réalisé par le Comité National de Soutien et intitulé « Leila Khaled, La Tunisienne » a été projeté à cette occasion. Diffusé avec le soutien d’Amnesty International-France, la FIDH, La FTCR, le REMDH et le CRLDHT, ce film sur « la révolte de Redeyef et sa répression racontée par des femmes » a été conçu pour servir de support à la « campagne internationale pour la libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier ». Il existe deux versions sous titrées, l’une en français et l’autre en anglais de la version arabe. En relation constante avec les familles des détenus, le comité national s’efforce, de son côté, de coordonner le travail de solidarité au niveau national. Cette action est d’autant plus nécessaire que les familles sont confrontées aux conséquences – voulues – de la dispersion des détenus à travers huit centres de détention du Nord à l’extrême Sud du pays. Mais au-delà de la situation préoccupante des détenus, sur le plan sanitaire notamment, il y a la détresse des familles, le désarroi des jeunes chômeurs, l’ampleur de la crise sociale et écologique dans le bassin minier qui constituent autant de sources d’inquiétude et de colère dans cette région enclavée et marginalisée. Enfin, le mouvement de solidarité concerne aussi les militants traqués, comme Fahem Boukaddous, correspondant durant la révolte de Redeyef de la TV Al Hiwar et le président de la FTCR, Mohieddine Cherbib, condamné par contumace à 2 ans de prison ferme.

6- Les « chouchous » de l’ATCE.

L’agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) qui a le monopole de la publicité publique et privée ( !!) destinée aux « médias » a dépensé sans compter durant la période du 15 Septembre au 25 octobre. Le budget des ces interventions pour cette période est évalué à 4 Millions et demi d’Euros ! On y compte la soixantaine de journalistes complaisants invités tous frais payés ( Afrique, Maghreb-Machrek, Europe, Asie), les déplacements en Europe notamment de quelques « propagandistes » peu convaincants et souvent contre productifs ( Ridha Mellouli, Borhane Bsaies, Chedly Ben Younes, Sahbi Smara, Khawla Ferchichi, Mezri Haddad.. etc), les invitations des animateurs les plus actifs des lobby pro ben Ali, notamment au sein de la communauté « Tun » en Europe, le surcroit des dépenses des sites de propagande et de diffamation en ligne et, bien sûr, le gros morceau des « Publi-rédactionnels ». Dans ce domaine, un certain nombre de « clients » se sont taillés la part du lion :
  Le « J.A plus » de Jeune Afrique, le gros – et bien veule – dossier de JA-Magazine avec un entretien écrit du président- candidat réalisé par Zyad Limam qui fut bien plus inspiré dans sa première jeunesse.
  Le périodique (bi ou trimestriel) Arabies, les cahiers de l’orient de l’ineffable Antoine Sfeir qui a, de surcroit, commis une tribune dans « le Figaro » intitulée : « La Tunisie, rempart contre la déferlante intégriste dans la région » vilipendée par les 4/5 des internautes du figaro.fr qui l’ont commentée,
  et l’inévitable « Afrique Asie » légué par Simon Malley à une poignée de prébendiers qui ont fait payer par l’ATCE la campagne d’affiches, à Marseille, Lyon et Paris avec la « Une » du numéro hors série consacré au président Ben Ali et titrée « Tunisie, pourquoi ça marche », un numéro quadrichromie, sonnant et trébuchant qui fleure bon la littérature Nord Coréenne.. et le tiroir Caisse !

7- Pour s’arrimer davantage à l’Europe le lobbying diplomatique à marche forcées peut-il suffire à lui seul ?

A en croire les propagandistes zélés de l’Etat-Destour, « l’aigle de Carthage » métamorphosé en « dragon méditerranéen » a été réfractaire à la crise mondiale !

Cette thèse est pour le moins dérisoire. Certes, pour des raisons structurelles liées à la nature du système bancaire et financier tunisien ( et paradoxalement à sa fragilité due à la part des « créances douteuses ») ainsi qu’à la tutelle ombrageuse de la Banque Centrale, pour éviter les dérapages spéculatifs, la Tunisie a évité de subir de plein fouet les effets de la crise financière internationale. Mais s’agissant de la crise économique qui s’en est suivie, la Tunisie n’est pas épargnée. Avec un taux de croissance affiché d’un peu moins de 3% (en deçà des 5% affichés ces dernières années), une chute de 30% des investissement s directs extérieurs (IDE), un taux de chômage plus proche de 20% que des 14%proclamés, une poussée spectaculaire du chômage des jeunes diplômés, un rythme à présent préoccupant des destructions d’emplois notamment dans le secteur du textile et des manufactures ; la crise mondiale a, à l’évidence, osé affecter le « pays du jasmin » et du BNB (Bonheur National Brut) !

Alors bien sûr- et malgré une corruption galopante (95 ème rang mondial de Transparency International ( les pays les moins corrompus étant classé de 1 à 178)- il y a la récolte céréalière record 2009, et l’apport du tourisme (algérien notamment) qui quantitativement compense la grande braderie qui a affecté en Tunisie ce secteur depuis cinq ans.

La situation économique demeure, dans ces conditions, relativement « gérable » comparée à celle de la majorité des pays du continent mais nous sommes loin de l’Eden vanté par les « chouchous » de l’ATCE. D’où l’importance du renforcement des relations avec l’Union Européenne ;deux tiers des exportations de la Tunisie étant aujourd’hui assurés par quelques 2800 entreprises « off-shore », européenne pour la plupart, alors que le volume des échanges avec l’E.U a doublé (passant à 14,7 Milliards d’Euros) en 10 ans.

Ayant passé le cap des 3 étapes de l’accord d’association et ayant bénéficié, à cette fin, d’une manne européenne considérable, le gouvernement tunisien s’efforce d’obtenir la concrétisation du « statut avancé » avec l’U.E avec d’autant plus d’insistance que le Maroc l’a obtenu il y a neuf mois !

Mais pour cela la dispendieuse diplomatie tunisienne et son « lobbying » coriace ne peut suffire à elle seule.

Jouant sur son statut « d’élève appliqué » de l’accord d’association, axé sur la libéralisation progressive des échanges (de 1995 à 2007), et de la politique Européenne de Voisinage (PEV) ; la diplomatie tunisienne essaie dans le même temps de profiter des blocages et des dysfonctionnements du partenariat, voulu par le président Sarkozy s’appuyant au « sud » sur l’Egypte, de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

Et pourtant, cela ne suffit pas. L’examen du « statut avancé » éventuel a été reporté, à la demande de la Tunisie, à la présidence Espagnole (01-01-2010) sans doute plus accommodante que l’actuelle présidence suédoise.

Cet examen nécessite, tout de même, des gages en matière notamment d’avancées démocratiques, et concernant l’Etat de droit et la justice, un « terrain difficile, là où la souveraineté peut être en jeu » estime un analyste (cf AFP le 22-10-2009).

Selon des sources fiables à Bruxelles ,l es discussions ont certes avancé, mais « aucun engagement écrit n’a été pris ».La mauvaise tournure prise par la précampagne et surtout par la campagne électorale pourrait toutefois compromettre les acquis du « lobbying » de la diplomatie tunisienne des six derniers mois.

A moins que le pouvoir se ressaisisse et qu’il sache, enfin, raison garder.

Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

DERNIERE MINUTE : SLIM BOUKHDHIR GRAVEMENT AGRESSE

Dans la nuit du mercredi 28 – 10, le journaliste contestataire Slim Boukhdir a été sauvagement agresse par un groupe de nervis armés de gourdins et de barres de fer alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans son domicile dans un quartier populaire dans la grande banlieue de Tunis. Secouru au bout d’un moment par des voisins alertés par ses cris, Slim Boukhdhir souffre de multiples contusions, d’une fracture du nez, de deux plaies ouvertes au front et aucrane ainsi que de la fêlure de plusieurs côtes. Journaliste contestataire, il est correspondant de deux journaux et d’un site arabes. Proche du CPR, il a fait l’objet au cours des quatre dernières années de trois agressions et d’une condamnation injuste de quinze mois de prison ferme en raison de ses engagements politiques et associatifs. IL est par ailleurs membre fondateur du premier syndicat des journalistes non reconnu et qui a rejoint apres son congres constitutif le syndicat national (unifié) des journalistes. Le bureau du SNJ a subi, il y a deux mois, un putsh téléguidé par le pouvoir et Slim Boukhdhir compte parmi les éléments actifs de la résistance organisé pour rfuser ce putsh et sutenir la direction légitime du SNJ. Le CRLDHT dénonce la lâche agression des barbouzes du RCD et de la police perpétrée contre Slim Boukhdhir à qui il exprime sa solidarité.

© CRLDHT - Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie